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Titre du blog : Exclure Lamy et Strauss-Kahn du Parti Socialiste
Auteur : lamystrausskahn
Date de création : 18-12-2010
 
posté le 18-12-2010 à 19:15:22

Si le Parti socialiste est encore de gauche, il doit exclure Pascal Lamy et Dominique Strauss-Kahn !

 

 

Considérant que les orientations de la gauche française ne relèvent pas de la « cuisine interne » des partis mais du débat public national, le M'PEP lance un appel à tous les citoyens. Puisque le Parti socialiste français se dit de gauche, et que deux de ses éminents adhérent pratiquent l'ultralibéralisme le plus débridé dans les institutions internationales, une clarification est nécessaire. Pour le M'PEP, on ne peut pas être de gauche et diriger l'Organisation mondiale du commerce (OMC) ou le Fonds monétaire international (FMI), piliers de l'ordre néolibéral mondial. Il faut choisir. Pascal Lamy, directeur général de l'OMC et Dominique Strauss-Kahn, directeur général du FMI ont choisi de se mettre au service de l'ultralibéralisme. Le Parti socialiste français doit lui aussi choisir : soit il renonce définitivement à représenter la gauche, soit il exclut Pascal Lamy et Dominique Strauss-Kahn. A la veille des échéances politiques de 2012, la question devait être posée, et le M'PEP met les pieds dans le plat. Si vous pensez comme nous que Pascal Lamy et Dominique Strauss-Kahn n'ont rien à faire au Parti socialiste et, en y émargeant, portent préjudice à l'ensemble de la gauche, signez cet appel pour exiger leur exclusion.

 

Signer l'appel sur le site du M'PEP


La déclaration de principes du Parti socialiste français débute par les lignes suivantes :


« Le Parti socialiste plonge ses racines dans la tradition de l’humanisme et dans la philosophie des Lumières. Il fait siennes les valeurs de Liberté, d’Egalité, de Fraternité, proclamées par la Révolution française.

Il est né de la rencontre entre une pensée critique, riche et diverse, et l’action du mouvement ouvrier qui, pendant deux siècles, ont porté une contestation de l’organisation sociale façonnée par le capitalisme et ont défendu le projet d’une société solidaire dont tous les membres jouissent des mêmes libertés et des mêmes droits.

Il revendique le souvenir de 1848, avec l’abolition de l’esclavage, de la Commune, l’héritage de la République, de son œuvre démocratique, et de son combat pour la laïcité, les grandes conquêtes sociales du Front populaire, de la Libération, de mai 68, de mai 81 et des gouvernements de gauche qui se sont succédé depuis.

Il participe des grandes batailles politiques et intellectuelles pour la liberté et la justice, de l’affaire Dreyfus à l’abolition de la peine de mort. Il fait sienne la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948. »


Comment imaginer des actions plus contradictoires avec ces valeurs socialistes que celles de Pascal Lamy à l'OMC et de Dominique Strauss-Kahn au FMI ?


L'OMC


Le but de l’Organisation mondiale du commerce est de favoriser le commerce, en fait le libre-échange. Théoriquement, elle pourrait protéger le plein-emploi, les consommateurs, leur santé, la souveraineté et la sécurité alimentaires, l'environnement. Pratiquement, son action se limite à la libéralisation du commerce et à la dérégulation. Toute mesure qui entraverait les échanges commerciaux, comme les normes sociales ou environnementales, est fermement condamnée et souvent attaquée par l'OMC. Son fonctionnement est digne d’une république bananière et ses politiques ont aggravé les inégalités entre le Nord et le Sud. Plusieurs manifestations de grande ampleur ont eu lieu ces dernières années contre l'OMC, notamment à l'occasion de contre-sommets à l'initiative de mouvements altermondialistes, paysans et syndicaux.


Le FMI


Officiellement, le rôle du Fonds monétaire international est de « promouvoir la coopération monétaire internationale, de garantir la stabilité financière, de faciliter les échanges internationaux, de contribuer à un niveau élevé d’emploi, à la stabilité économique et de faire reculer la pauvreté ».

Le FMI fournit des crédits aux pays en difficulté. Mais en contrepartie, il exige des politiques de rigueur, de libéralisation des services publics, de privatisations, de désengagement de l'Etat, nommés "Plans d'ajustement structurels".

Il dispose également d'un rôle de conseil et de formation... pour mener des politiques ultralibérales. Le FMI est dénoncé pour ses actions au niveau international par des centaines d'organisations actives dans les pays du Sud et du Nord.


Quelques faits d'armes de Pascal Lamy


1982-1983 : directeur adjoint du cabinet de Jacques Delors (ministre de l’Économie et des Finances), il pilote en France le « tournant de la rigueur », quand le Parti socialiste s’aligne sur le néolibéralisme.

1985 : directeur de cabinet de Jacques Delors (Président de la Commission européenne), il applique avec soin les propositions des grandes multinationales et impulse l’ « Acte unique » qui est l’alignement néolibéral de la « construction » européenne.

1994 : entrée au comité de direction du Crédit lyonnais. Il en devient cinq ans plus tard le directeur général et prépare la privatisation de la banque et les licenciements massifs qui l’accompagnent. Il deviendra président de la commission « prospective » du CNPF, le futur MEDEF, principal syndicat patronal en France.

1999 : il devient commissaire européen et débute son mandat en réclamant de lever l'interdiction de cultiver des Organismes génétiquement modifiés (OGM) en Europe.

2000 : il participe à la Conférence annuelle du Groupe de Bilderberg, un rassemblement des plus puissants hommes d'affaires, dirigeants et hommes de médias dans le monde. Il sera également présent lors des réunions de 2001, 2003 et 2005.

2007 : il devient directeur général de l'OMC grâce à l'appui du gouvernement de Jean-Pierre Raffarin et du Président de la République Jacques Chirac, avec l’accord du président des États-Unis George W. Bush.


Ses meilleures citations :


"Je crois que le monde des affaires doit aussi parler franchement et convaincre que la libéralisation du commerce et en général la globalisation sont de bonnes choses pour nos peuples"

Discours devant le TransAtlantic Business Dialogue, Berlin, 29 octobre 1999.


En réponse aux pays touchés par la crise alimentaire de 2008 qui voulaient réduire les exportations pour nourrir leurs peuples :

"Il est évident que de telles mesures entraînent une hausse supplémentaire des prix. A court terme, ce n'est pas une bonne solution économique."

Réunion des Nations-Unies à Berne, avril 2008.


Quelques faits d'armes de Dominique Strauss-Kahn


1994 : il participe à la création du "Cercle de l'industrie", lobby des industriels français au sein de l'Union européenne. Y sont représentés : Rhône-Poulenc, Lafarge, Pechiney, Elf, L'Oréal, Bull, Schneider, Renault, Total…

1997 : ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie de Lionel Jospin, il supervise les ouvertures de capital (France Télécom, Air France, Thomson, EADS...) et les privatisations (Crédit lyonnais, GAN, CNP, CIC, Autoroutes du Sud de la France...) qui s'enchaînent à un rythme inégalé (42 milliards par an en moyenne contre 38 pour le gouvernement Balladur et 27 pour le gouvernement Juppé). En décembre, il annonce vouloir relancer la réflexion sur les fonds de pension.

1999 : il baisse le taux d'imposition des stock-options de 40 % à 26 %, ce qui représente un bénéfice de 4 milliards de francs pour 12 000 privilégiés.

2000 : il participe à la Conférence annuelle du Groupe de Bilderberg, un rassemblement des plus puissants hommes d'affaires, dirigeants et hommes de médias dans le monde.

2003 : il co-fonde avec Michel Rocard le club de réflexion À gauche, en Europe qui soutient très tôt et de façon inconditionnelle le Traité constitutionnel européen. En mai 2005, il sort un DVD en faveur du « oui ».

2007 : il devient directeur général du FMI sur proposition de Jean-Claude Juncker (cet homme politique luxembourgeois est l'un des architectes du traité de Maastricht) et Romano Prodi (ancien président de la Commission européenne), avec le soutien actif de Nicolas Sarkozy et avec l’accord du président des États-Unis George W. Bush.


Ses meilleures citations :


«Le FMI qui a traité 122 crises bancaires dans son histoire, depuis l’après guerre, a noté une constante : le retour à la croissance ne se fait pas tant que l’assainissement du système bancaire n’a pas été opéré. »

Interview au Figaro, 6 avril 2009


"Dix ans après sa création, la zone euro reste un club auquel on souhaite adhérer. C'est peut-être la meilleure preuve de son succès persistant et de ses perspectives favorables."

Entretiens économiques de Bruxelles, 15 Mai 2008


 

Commentaires

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mouais le 14-08-2011 à 18:27:54
Je ne signerai pas cette pétition :

1° Il me paraît audacieusement faux de considérer le parti socialiste comme un parti de gauche, avec la définition historique d'un parti défendant les intérêts du peuple, notamment des pauvres ; la présence en son sein de Lamy et Strauss-Kahn y est donc indifférente, voire normale ...

2° Comme ils ne sont pas une expression acceptable des intérêts du peuple de France, je ne cherche pas plus à me mêler de leurs affaires que je ne le ferais pour les ébats privés d'un couple.
nike shox r4 le 18-07-2011 à 10:24:22
We have no more right to consume happiness without producing it than to consume wealth without producing it. nike shox r4
cheap supras uk le 27-06-2011 à 05:00:00
u6t
Bloggy Bag le 26-01-2011 à 09:32:40
Selon vous, il faut déclencher un procès stalinien pour avoir créé une association, lancé des privatisations qui ont permis de financer une politique qui a redonné de l'emploi et du pouvoir d'achat aux français de 1997 à 1999, baissé la fiscalité (ce qui a profité aux cadres dirigeants *et* aux salariés des start up), et dirigé et changé profondément un des grands organismes internationaux ?

Excluez, purifiez, purgez, il n'en restera rien, comme à chaque fois, sinon des mémoriaux aux victimes.
Mouarf le 16-01-2011 à 12:44:52
Desmodue, J'allais le dire...
Desmodue le 04-01-2011 à 23:37:56
Et si on revenait au point de départ, à savoir tenter de pousser hors du parti "socialiste" MM. Lamy et Strauss Kahn ?

Certes tous ces détails biographiques sont parfois intéressants, mais on s'éloigne un peu du sujet...

Alors :

sur un plan "formel" je ne vois pas au nom de quoi on voudrait s'immiscer dans le fonctionnement interne d'un parti, fût il "socialiste", c'est le rôle des adhérents;


sur le plan "idéologique" suffirait-il que, par miracle, le parti "socialiste" vire ces deux têtes de turc pour perdre du coup ses guillemets et redevenir fréquentable ?


Ou bien cette initiative est complètement débile, ou bien c'est tellement alambiqué que ça reviendra au même...
le clown bucheron le 04-01-2011 à 21:37:07
Il y a pas mal de valets du capitalisme productiviste au Parti Socialiste, depuis surtout qu'ils ont gouté au pouvoir et ont tiré la chasse sur les espoirs des électeurs de gauche dans les années 80. Manuel Valls par exemple en est un fameux. Ces apparatchiks sont des membres de l'oligarchie en place, bourgeois sortis des grandes écoles, ils ne feront pas mieux qu'une politique de classe, la même que l'UMP, avec un peu de maquillage social. Hervé Kempf analyse bien dans son dernier livre comment nous ne sommes plus en démocratie, mais en oligarchie.
Dehesseka le 01-01-2011 à 22:56:30
Libération - La carrière de DSK, un puzzle à cinq pièces



Événement 03/11/1999 à 01h47

Portrait

Elle s'est construite dans le sillage de Jospin.


Réagir


Par RENAUD DELY, RENAUD LECADRE, NATHALIE RAULIN




Qui est cet homme qui a mis à mal, pendant quelques heures, l'édifice gouvernemental? Un ministre de l'Economie et des Finances social-libéral «rassurant», un amoureux de la vie, un «Premier ministrable» potentiel, un futur maire de Paris? Dominique Strauss-Kahn est tout cela à la fois. Et aussi l' étoile montante à gauche. Surnommé «DSK», ce qui est une marque de notoriété (comme «PMF» et «VGE»), le locataire de Bercy a choisi de prendre du recul en présentant hier, sa démission du gouvernement.


Le faux dilettante Cela paraît paradoxal aujourd'hui, mais c'est l'humour de Dominique Strauss-Khan qui le caractérise le mieux. Il en maîtrise chaque facette, en joue parfois pour son seul plaisir. Quel autre ministre de l'Economie aurait devant la presse osé la contrepèterie en pleine crise asiatique: «Ce cas de Corée me turlupine»? Le Canard enchaîné, spécialiste du genre, fut seul à discerner la malice derrière le discours officiel. Evidemment, il y a la décontraction. Cette rondeur de caractère que ses détracteurs ont longtemps pris pour du dilettantisme. Cette façon tranquille de se plonger dans son agenda électronique en plein G7, de résoudre des équations mathématiques compliquées, histoire de se détendre, sans rien perdre de sa crédibilité d'homme d'Etat. Dominique Strauss-Kahn appelle le consensus comme d'autre la bagarre. Il y a aussi l'intelligence. L'ancien étudiant d'HEC qui hésitait entre deux possibles destins «ministre ou prix Nobel de l'économie» a la répartie aiguisée de celui qui apprend vite et bien. Et puis, il y a la curiosité. Amateur effréné de voyages, et polyglotte ­ il parle couramment l'anglais, l'espagnol et l'allemand ­, il séduit au-delà des frontières ceux qui fustigent ces Français prétentieux. Un charmeur, donc. Accompli. Car plus que tout, DSK aime emporter l'adhésion de ses interlocuteurs, qu'ils soient grands patrons ou simple quidam, communistes ou RPR, de Sarcelles ou d'ailleurs. Il y est souvent parvenu.


Le ministre «social-libéral» rassurant «Que veux-tu, il est brillant.» Ce soir d'octobre 1998, au sortir de l'hémicycle après une discussion budgétaire animée, Philippe Auberger, député RPR, ne feint pas l'enthousiasme. Son homologue de l'opposition sourit l'air entendu: Dominique Strauss-Kahn qui, avec panache, vient de se payer la tête du député Vert Yves Cochet, est sans conteste le ministre de l'Economie le plus talentueux depuis" ils ne savent plus très bien. D'autres, et parmi les moins attendus, relaieront la louange. Tel Ernest-Antoine Seillière, patron du Medef, qui en juillet sidérait son auditoire par cette déclaration: «Nous avons un très bon ministre des Finances, peut-être pas le meilleur de l'univers ["] mais il fait de son mieux pour ne pas ajouter aux handicaps des entrepreneurs.» Strauss-Kahn lui-même en fut gêné. Un peu, mais si peu. Apprécié par la droite, des milieux financiers internationaux, le lieutenant de Lionel Jospin convainc la gauche: n'a-t-il pas su une fois installé à Bercy entretenir cette croissance qui a redynamisé l'emploi? D'entrée de jeu, il a imposé sa compétence: dès l'été 1997, il boucle un budget 1998 que le gouvernement Juppé jugeait infaisable. Avec tact: mettant en pratique ses principes keynésiens, il soutient une politique de relance par la demande. Pari gagnant. Dans la foulée, il mène à bien les privatisations de Thomson, le CIC, le GAN ou le Crédit Lyonnais, dossiers sur lesquels son prédécesseur s'était cassé les dents. Mieux encore: attentif à ce que les finances publiques françaises restent dans les clous fixés par Maastricht, il porte l'euro sur les fonts baptismaux, qui quelques mois plus tard évitera au vieux continent une tempête monétaire venue d'Asie" Certes, il agace parfois dans son camp. C'est le cas quand il choisit de baisser la taxe professionnelle plutôt que de diminuer les cotisations sur les salaires, quand il tente «ex abrupto» de revoir l'impôt sur le revenu, ou quand il propose d'alléger la fiscalité sur les stock-options. Mais la majorité plurielle lui a su gré de se plier toujours à la volonté du Premier ministre, d'accepter sans mauvaise grâce de perdre ses arbitrages. Bref, d'incarner sans broncher cette «droite de la gauche», privant ainsi l'opposition de tout espace politique.


La pièce maîtresse de la Jospinie Jospin/Strauss-Kahn, jusque-là inséparables, le couple a déjà une longue histoire. Du PS au gouvernement, de la (brève) traversée du désert de l'après-1993 au jospinisme triomphant de ces deux dernières années, leur complicité, doublée de forts liens affectifs qui ont fait de Jospin le témoin de DSK lors de son mariage avec Anne Sinclair, a franchi les vingt dernières années. Avant de s'échouer sur l'obstacle de la Mnef. Un écueil qui, à cause même du poids stratégique de Strauss-Kahn, met à bas l'ensemble de l'échiquier jospiniste. Jamais démentie, la proximité entre les deux hommes tient d'abord au Premier ministre lui-même. Alors qu'il n'est encore que premier secrétaire du PS, c'est lui qui cornaque ses premiers pas en politique, séduit par le brio du jeune agrégé en économie. Strauss-Kahn se range naturellement derrière Jospin dès les prémices du conflit avec Laurent Fabius. Président de la commission des finances à l'Assemblée nationale de 1988 à 1991, il se fait remarquer par ses critiques incessantes sur l'orthodoxie monétariste de Pierre Bérégovoy. Son étiquette jospinienne lui vaut un poste de ministre dans le gouvernement Cresson qu'il conserve dans celui de" Bérégovoy l'année suivante. Après la débâcle des législatives de 1993, la retraite temporaire de Jospin fait éclater son courant. Strauss-Kahn prend un semblant d'autonomie et affronte, en juin 1994, Henri Emmanuelli, lui aussi jospiniste, pour succéder à Michel Rocard à la tête du PS. Le voilà désormais chef de file d'une des branches, le «canal politique» qui, à côté du «canal affectif» de la bande du XVIIIe arrondissement (Daniel Vaillant, Bertrand Delanoë, Claude Estier), compose, avec Pierre Moscovici et Jean-Christophe Cambadelis, le noyau dur des rares soutiens de Jospin à l'époque. Ils mettent sur orbite la campagne élyséenne de leur mentor dont DSK devient l'un des principaux porte-parole avec Martine Aubry. Promis de longue date à la fonction, Strauss-Kahn hérite logiquement de Bercy en 1997. Mais à l'inverse de Martine Aubry qui tisse ses propres réseaux, tant au PS que chez les députés, DSK continue d'inscrire ses pas dans ceux du Premier ministre. Très écouté, au point de bénéficier d'un petit bureau dans les combles de Matignon, ce fidèle entre les fidèles se plie sans rechigner aux arbitrages de son supérieur et à la défense de ses intérêts. Quitte à se retrouver dans une position fort inconfortable. C'est le cas en mars 1998 où, Jospin lui intimant l'ordre de rester au gouvernement, DSK mène la bataille en Ile-de-France pour décrocher un poste qu'il ne peut occuper.


Précieux soutien par sa fidélité, Strauss-Kahn est aussi l'une des principales boîtes à idées du jospinisme. Principal rédacteur du programme présidentiel en 1995, le ministre, pragmatique, aime ainsi rappeler qu'il a «inventé» les emplois-jeunes et s'est fait chantre des 35 heures bien avant la ministre des Affaires sociales à laquelle le lie une détestation réciproque. Une rivalité qui était elle aussi jusque-là l'un des points d'équilibre de l'édifice jospinien. «Et dire qu'il était profilé pour Matignon et que tout le débat ces dernières semaines était de savoir s'il serait le premier ou le second Premier ministre du septennat de Jospin"», soupirait hier un de ses proches.


Le candidat à la Mairie de Paris Depuis des mois, tout le PS ne bruissait que de cela: son parachutage à Paris pour mener la bataille municipale de mars 2001. En l'absence de leader local incontesté, il semblait capable de dissiper le brouillard socialiste. Et apparaissait surtout comme le seul assez solide à gauche pour relever un tel défi. En coulisse, du numéro deux du PS, Jean-Christophe Cambadelis, au président du groupe PS à la région Ile-de-France, Jean-Paul Planchou en passant par le patron de la Fédération socialiste, Jean-Marie Le Guen, nombre de ses soutiens s'activaient pour préparer son arrivée. L'intéressé laissait dire, confiant simplement qu'il ferait «ce que Lionel voudra». En clair, si Jospin décidait de faire de la conquête de l'Hôtel de Ville le tour préliminaire de l'élection présidentielle, DSK se dévouerait pour tenter de lui offrir la «maison mère» de la Chiraquie. Même ses plus proches ont désormais enterré cette hypothèse. «Dominique n'en avait officiellement jamais parlé. Je pense qu'il en parlera encore moins"», lâche Jean-Paul Planchou. Un forfait qui promet d'aiguiser les multiples appétits socialistes. Du patron du groupe PS au Conseil de Paris, Bertrand Delanoë, à l'ancien ministre de la Culture, Jack Lang, en passant par les maires du XXe, Michel Charzat, et du XVIIIe arrondissements, Daniel Vaillant, les vocations ne manquent pas.


L'avocat d'affaires Après la déroute législative de 1993, DSK n'est pas resté longtemps inactif. Dès l'année suivante, il fonde le Cercle de l'industrie, un lobby chargé de défendre les intérêts des entreprises françaises auprès de la Commission européenne. Il regroupe une belle brochette de patrons, comme Didier Pineau-Valencienne (Schneider) ou Jean Syrota (Cogema). DSK occupe modestement la vice-présidence du Cercle de l'industrie, aux côtés de Raymond Lévy, ancien PDG de Renault, mais ses réseaux sont à l'oeuvre: Jean-Yves Naouri, ancien membre de son cabinet au ministère de l'Industrie, est devenu le n°2 de Publicis dont le président, Maurice Lévy, occupe la fonction de trésorier du Cercle" La fonction est bénévole, mais elle permet d'optimiser son carnet d'adresses. L'article 3 des statuts ne prévoit-il pas d'«organiser des interventions au plus haut niveau politique»?


Parallèlement, puisqu'il faut bien vivre, il s'inscrit comme avocat ­ il dispose du diplôme par équivalence . Son père Gilbert était lui-même conseiller juridique, avec une réputation d'«arrangeur». Dans la même veine, la vocation du cabinet DSK Consultants est de donner des petits ­ mais décisifs ­ coups de pouce aux entreprises. Un simple coup de fil à un banquier y suffit parfois. A l'instar de Martine Aubry, Dominique Strauss-Kahn a fréquenté beaucoup de patrons durant cette traversée du désert. Certains d'entre eux cotisaient aussi bien à la Fondation pour l'exclusion qu'au Cercle de l'industrie. Après la présidentielle, Lionel Jospin piquera même une colère froide contre cette trop grande proximité patronale. Une fois installé à Bercy, DSK a quitté le barreau, renoncé à son métier de conseil. Un an plus tard, il affichait encore, entre autres adresses professionnelles, un bureau d'avocat avenue George-V. Une adresse qui a disparu de la dernière notice du Who's Who.




Dehesseka le 01-01-2011 à 22:35:27
Avant le FMI : Dominique Strauss-Kahn et le « socialisme du réel ».

Jean-Jacques CHAVIGNE, Gérard FILOCHE


voir :


http://www.legrandsoir.info/Avant-le-FMI-Dominique-Strauss-Kahn-et-le-socialisme-du-reel.html

Dehesseka le 01-01-2011 à 22:01:45
Strauss-Kahn et le cadeau fiscal à Karl Lagerfeld


Le rapport accablant

par Jérôme Dupuis, Jean-Marie Pontaut, publié le 07/06/2001 à 00:00 - mis à jour le 26/11/2009 à 17:24




Le procureur de Paris soupçonne l'ancien ministre des Finances d'avoir fait un énorme cadeau fiscal au couturier Karl Lagerfeld. Et propose son renvoi devant la Cour de justice de la République. Extraits exclusifs



Dominique Strauss-Kahn devrait comparaître devant la Cour de justice de la République (CJR) pour avoir accordé une colossale remise fiscale au couturier Karl Lagerfeld en échange de la fameuse cassette Méry. Selon le juge Brisset-Foucault, c'est en effet en tant que ministre des Finances que DSK se serait livré à ce «trafic d'influence»: seule la Cour de justice de la République pourrait donc le juger. Le 28 mai, comme le révélait L'Est républicain, le procureur de Paris a adressé une note détaillée de huit pages, accompagnée de tableaux, au procureur général, Jean-Louis Nadal. C'est à ce dernier qu'il revient, après examen, de saisir la CJR. Nous publions les principaux extraits de ce rapport, qui confirme ce que L'Express a révélé sur son site Internet le 24 septembre 2000, puis dans son édition du 28 septembre 2000: la dette fiscale de Karl Lagerfeld s'élevait au total à 260 millions de francs; après une première réduction, DSK l'a ramenée de 200 à 43 millions; ce «cadeau fiscal» aurait été fait hors du cadre légal; de plus, la remise de la cassette Méry - qui révélait les turpitudes du RPR parisien - par l'avocat Alain Belot, laisse planer le soupçon d'une opération politique. Interrogé par le juge Courroye en marge d'une autre affaire, Me Belot reconnaîtra: «Je savais effectivement par les médias qu'on parlait de Dominique Strauss-Kahn comme candidat à la mairie de Paris.» Depuis le 23 mai, le juge Brisset-Foucault enquête d'ailleurs pour «corruption active» contre Alain Belot. Extraits d'un rapport édifiant.


Le rendez-vous


«Le 6 avril 1999, Alain Belot, à qui le couturier Karl Lagerfeld a confié son très important dossier fiscal, obtient un rendez-vous avec le ministre de l'Economie et des Finances de l'époque, M. Dominique Strauss-Kahn, dont il est un ancien collaborateur. Après avoir plaidé la cause de son client et alors que son confrère Hebey - qui participe également à la réunion en tant qu'autre conseil de Karl Lagerfeld - a quitté le bureau du ministre, Alain Belot remet l'original de la cassette sur laquelle figure l'enregistrement des "confessions" de Jean-Claude Méry à Dominique Strauss-Kahn.


Fin juillet 1999, Alain Belot est reçu à nouveau par Dominique Strauss-Kahn pour lui parler du dossier Lagerfeld, lequel bénéficiera, en août 1999, d'une décision très favorable du ministre. Alain Belot affirme avoir évoqué avec le ministre la cassette Méry au cours de cette réunion: Dominique Strauss-Kahn lui aurait répondu l'avoir fait analyser. (...) Le 25 septembre 2000, Dominique Strauss-Kahn est entendu comme témoin: (...) il déclare avoir égaré la cassette, ne l'avoir ni visionnée ni fait visionner, et ignorer où elle se trouve. (...) Pour expliquer le fait qu'il ne la détient plus, il invoque l'habitude suivante: lorsqu'il lit des documents dans sa voiture de fonction (utilisée immédiatement après avoir reçu la cassette), il a l'habitude de laisser sur le plancher de celle-ci les papiers et objets qu'il souhaite voir jeter par son chauffeur lorsque celui-ci fait le ménage; dans ces conditions, la cassette a pu être laissée par mégarde sur le plancher de la voiture et jetée par le chauffeur. (...)


Alain Belot nie également l'existence d'une relation entre la remise de la cassette et la décision de Dominique Strauss-Kahn sur le dossier Lagerfeld, même s'il a admis avoir ?fait une fleur? au ministre, pouvant ?être utile? à celui-ci dans sa carrière politique.»


Les liens Belot - Strauss-Kahn


(...) «L'information a établi qu'Alain Belot disposait d'un statut particulièrement favorable auprès de Dominique Strauss-Kahn, dont il a été le collaborateur de janvier 1989 à mai 1991, lors de la présidence de la commission des finances de l'Assemblée nationale par ce dernier: Alain Belot, ancien inspecteur des impôts et fonctionnaire à la Direction générale des impôts, a quitté fin 1991 l'administration pour devenir avocat fiscaliste. Il est à noter qu'en 1990 Dominique Strauss-Kahn a vainement appuyé la candidature d'Alain Belot à l'intégration directe au corps des administrateurs civils. (...)


Le dossier Lagerfeld


«Il ressort de l'examen du dossier fiscal de Karl Lagerfeld: d'une part, qu'Alain Belot ne s'est pas contenté de ?vendre? à Karl Lagerfeld sa relation privilégiée avec le ministre, mais qu'il a accompli un travail technique très important matérialisé par de nombreuses notes, correspondances, comptes rendus de réunion; d'autre part, qu'Alain Belot n'était pas pour le ministre un avocat ?comme les autres?; et enfin que plusieurs éléments montrent que cette particulière attention a été répercutée, en interne, au ministère.





En résumé, les impositions pendantes de M. Lagerfeld pour les années 1982, 1983, 1984, 1989, 1990, 1991, 1992, 1993, 1994, 1995, 1996, 1997, 1998, soit durant treize années, étaient de 260 MF et qu'il n'a eu à payer que 53 MF: - l'imposition pendante pour les périodes 1989, 1990, 1991 était de 60 MF et M. Lagerfeld n'a eu à payer que 10 MF suite à la décision de M. Lamassoure, alors ministre; - l'imposition pendante pour les autres années analysées était de 200 MF et M. Lagerfeld n'a eu à payer que 43 MF suite à la décision de M. Strauss-Kahn, nouveau ministre des Finances.


Sur la procédure suivie, de nombreuses remarques peuvent être faites: I. - (...) Compte tenu de la date de la décision de M. Lamassoure, 29 octobre 1995, si cette dernière était entachée d'irrégularités susceptibles de qualification pénale, le délai de prescription pénale étant accompli au moment de l'ouverture de la présente information, aucune responsabilité pénale ne peut plus être recherchée. II. - Sur la décision de M. Dominique Strauss-Kahn, prise en août 1999, il apparaît que le dossier fiscal a été réglé par voie de transactions, bien qu'aucune demande de transaction faite par l'intéressé ou ses conseils ne figure au dossier. L'article R 247-4 du Livre des procédures fiscales précise: sauf en matière de contributions indirectes, la décision sur les demandes des contribuables tendant à obtenir une modération, remise ou transaction appartient (...) au ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie après avis du comité du contentieux fiscal, douanier et des changes, au-delà de 1 100 000 F.


(...) Les transactions concernant la TVA des années 1982, 1983, 1984, 1992, l'impôt sur le revenu 1982, 1983, 1984, 1992, figurant au dossier ne font pas mention de la consultation du comité.


Aucun document dans le dossier ne permet de penser que M. Dominique Strauss-Kahn a consulté le comité.


(...) Sur le deuxième feuillet de la note adressée par la Direction générale des impôts le 14 juin 1999 au ministre figure la mention manuscrite datée du 14 août 1999 et signée de Dominique Strauss-Kahn, donnant les consignes suivantes: ?Appliquer à l'ensemble des années contrôlées la solution proposée pour 94 et 95 (48%). Plafonner les pénalités à 25% pour les années 82 à 84 et 92 à 95, et à 10% pour les années suivantes. Appliquer les mêmes règles d'assiette pour l'avenir, sauf changement de situation.?


Ainsi, selon ces consignes, l'avenir est engagé, 52% des revenus de M. Lagerfeld ne sont pas soumis à l'impôt sur le revenu et à la TVA.


(...) Pour chacune des années 1996, 1997, 1998, M. Lagerfeld a été imposé sur les déclarations qu'il a déposées avec retard, et le contrôle en cours n'a pas été poursuivi.»


Conclusions


«Ainsi, de fortes présomptions de faits de concussion résultent de l'examen du dossier fiscal de M. Karl Lagerfeld et de la façon dont il a été réglé: en effet, et sous réserve de plus amples investigations dans un cadre procédural approprié, Dominique Strauss-Kahn, personne dépositaire de l'autorité publique, semble avoir accordé à Karl Lagerfeld une exonération des droits, contributions, impôts ou taxes publics, et engage l'administration fiscale pour l'avenir sur une assiette d'imposition forfaitairement minorée, en violation des textes légaux ou réglementaires; de fortes présomptions de faits de corruption passive à l'encontre de M. Dominique Strauss-Kahn pourraient être mises à sa charge dans la mesure où: - il reçoit la cassette remise par M. Alain Belot le 6 avril 1999; - il prend en août 1999 la décision de ramener la dette fiscale de Karl Lagerfeld de 200 MF à 43 MF.»
Déhèsseka le 01-01-2011 à 21:51:47
L'express

Le compte à rebours

Par Gaetner Gilles, publié le 30/03/2000



L'ex-ministre de l'Economie affirme avoir bien été l'avocat de la Mnef dans ses négociations avec la CGE. Guère convaincus, les juges penchent pour un renvoi en correctionnelle



Dominique Strauss-Kahn a-t-il réellement été, de la fin de 1994 à 1996, l'avocat de la Mutuelle nationale des étudiants de France (Mnef) lors des négociations entre cette dernière et la Compagnie générale des eaux (CGE)? N'était-il pas plutôt un conciliateur, une sorte d'apporteur d'affaires? Ses honoraires - 603 000 francs toutes taxes comprises - étaient-ils justifiés? Voilà trois questions lancinantes que ne cessent de se poser les juges Armand Riberolles et Françoise Neher depuis qu'ils instruisent le volet Strauss-Kahn, désormais bouclé, du dossier de la Mnef.


Pour l'heure, si les deux magistrats n'ont pas de réponses précises à leurs interrogations - les témoignages étant divergents sur le rôle joué par Strauss-Kahn - leurs impressions ne semblent guère être favorables à l'ancien ministre de l'Economie et des Finances. Certes, ce dernier a reconnu avoir commis un faux, mais il n'en démord pas: il a bien été l'avocat de la Mnef et a contribué, à ce titre, au déblocage des discussions entre la mutuelle étudiante et la Générale des eaux. Ce qui a permis à cette société de prendre 34% du capital d'un holding de la Mnef, Raspail Participation et Développement (RPD), et d'être associée à la gestion des résidences universitaires. Il n'empêche. Après six mois d'investigations, Armand Riberolles et Françoise Neher penchent plutôt pour un renvoi de DSK devant le tribunal correctionnel. Ce serait évidemment un nouveau coup dur pour l'ancien ministre de l'Economie, déjà rattrapé par l'affaire Elf, dans laquelle Eva Joly l'a mis en examen pour avoir fait salarier fictivement, par la compagnie pétrolière, sa fidèle secrétaire, Evelyne Duval. Laquelle a perçu 192 000 francs entre 1993 et 1994, alors qu'elle travaillait en réalité à mi-temps, au Cercle de l'industrie, fondé par DSK après sa défaite aux élections législatives de mars 1993.


Des broutilles? Peut-être... Sauf que DSK risque de devoir s'expliquer sur d'autres découvertes faites par Eva Joly. Ainsi la magistrate, lors d'une récente perquisition à la banque d'Elf, la Fiba, a-t-elle appris que le groupe pétrolier était également venu au secours de La Colombe, une association qui gère le Festival d'art dramatique de Ramatuelle. Comment? En remboursant à La Colombe le complément de salaire que cette association versait aussi à Evelyne Duval en plus de ses émoluments chez Elf. Soit environ 150 000 francs. Or cette association est animée par une amie de longue date de DSK, Jacqueline Franjou. Pourquoi cette faveur accordée à La Colombe? Strauss-Kahn en a-t-il été informé? Ce n'est pas tout: la juge Joly a encore appris que la Fiba avait alloué 5 millions de francs à La Colombe. Intriguée par la sollicitude d'Elf à l'égard de La Colombe, la magistrate cherche désormais à en savoir un peu plus sur les liens ayant existé entre DSK et Jacqueline Franjou...


Retour sur la Mnef, notamment sur cette histoire de faux, où, de maladresse en omission, Dominique Strauss-Kahn s'est pris lui-même les pieds dans le tapis.


Eté 1994. Olivier Spithakis, directeur général de la Mnef, sollicite Dominique Strauss-Kahn pour qu'il assiste la mutuelle dans une négociation avec la CGE. A partir d'octobre 1994, les pourparlers s'engagent, sous la forme tantôt de petits déjeuners à l'hôtel Bristol, tantôt de réunions au siège de la CGE, rue d'Anjou à Paris.

Du côté de la Mnef, les négociateurs ont pour nom Olivier Spithakis et Philippe Plantagenest, son directeur de cabinet. Ce personnage pittoresque, ex-militant trotskiste et descendant des Plantagenêt, rois d'Angleterre, sera à l'origine de la chute de Strauss-Kahn, comme on va le voir. On y trouve encore Christel Wilbois, juriste de la mutuelle, les avocats Patrick Gentil, Eric Turcon et Dominique Strauss-Kahn, réinscrit au barreau depuis octobre 1994.


Du côté de la CGE, Henri Proglio, camarade de promotion de Strauss-Kahn à HEC, et Alain Bentejac, directeur général d'une filiale, membre du cabinet de DSK à l'Industrie en 1990-1991, sont les interlocuteurs de la Mnef. Seront également présents un chargé de mission de la compagnie, Olivier Brousse, Christophe Leduc, directeur d'une filiale de la CGE, ainsi qu'un juriste, Mahiboc Haghigi.


Les négociations vont être serrées. Au bout de dix-huit mois, les deux parties signent, le 6 juin 1996, un protocole aux termes duquel la Snig, l'une des filiales de la Générale des eaux, prend une participation de 34% dans le capital de RPD pour 21 500 000 francs.


Pendant plusieurs mois, on n'entend plus parler de cette histoire. Quand, au début de 1998, commence à se répandre une rumeur désagréable sur DSK. Il aurait, entend-on, perçu à l'occasion des négociations CGE-Mnef des honoraires d'un montant de 1 million de francs. On murmure aussi qu'il aurait joué plus un rôle d'intermédiaire ou d'apporteur d'affaires que d'avocat. Le ministre de l'Economie, exaspéré, dément.


Galopent les semaines. Jusqu'à ce que, au cours d'une perquisition effectuée à la Mnef en été 1998, les enquêteurs mettent la main sur trois factures adressées par DSK à la Mnef. La première, datée du 2 novembre 1995, est d'un montant de 1 million de francs; la deuxième, émise le 12 novembre 1996, est également de 1 million; la troisième, qui porte la date du 2 décembre 1996, est d'un montant de 500 000 francs hors taxes. Soit 603 000 francs TVA comprise. C'est la seule qui sera réglée par la Mnef, en février 1997. Curieusement, cette facture sera entourée d'un grand secret. Pendant de longs mois, elle ne figurera pas sur la déclaration annuelle des salaires (DAS 2) destinée au fisc. C'est finalement l'éphémère successeur de Spithakis, Jacques Delpy, qui rectifiera, selon ses propres termes, cette dissimulation «imbécile». Pour sa part, DSK déclarera bien les 603 000 francs aux impôts.


Du coup, les juges Riberolles et Neher s'interrogent. Strauss-Kahn a-t-il réellement effectué une prestation pour le compte de la Mnef? Au début de l'année 1999, les deux magistrats font entendre par la brigade financière tous les protagonistes du rapprochement Mnef-CGE. Voici leurs témoignages inédits. Ils sont parfois divergents, voire contradictoires. Ainsi, Mahiboc Haghigi, qui a participé à la rédaction d'actes pour la CGE, déclare le 4 février: «Dominique Strauss-Kahn n'a jamais été rédacteur, destinataire ou cité dans les comptes rendus de réunions ou dans les nombreux courriers et fax échangés dans le cadre de ce dossier.» Christophe Leduc, qui a aussi participé à trois ou quatre réunions, partage cet avis: «A aucun moment, raconte-t-il aux policiers le 9 février, je ne me souviens de la mention de Me Strauss-Kahn au cours des réunions que je viens d'évoquer. Je n'ai jamais eu connaissance qu'il ait participé à la réalisation de ce dossier.» Christel Wilbois ne se souvient pas davantage avoir entendu parler de DSK: «J'ai appris par la presse que Me Strauss-Kahn serait intervenu dans le cadre de cette prise de participation de la CGE dans RPD.»


Témoignages et scepticisme

En revanche, d'autres protagonistes, et non des moindres, infirment totalement ces déclarations. Henri Proglio, patron à l'époque d'une filiale de la CGE, se montre catégorique devant la PJ en février 1999: «Me Strauss-Kahn a suivi le dossier de la prise de participation de la CGE dans RPD jusqu'à son terme.» Olivier Brousse, aujourd'hui en poste à Londres, dit exactement la même chose: «En novembre 1994, de mémoire, il y a eu les premiers contacts entre Me Strauss-Kahn et Antoine Frérot, de la CGE. Je peux préciser que Me Strauss-Kahn, qui a participé à plusieurs réunions en ma présence, avait une très bonne connaissance du dossier RPD»...


D'autres, enfin, ont des positions médianes. Ainsi, l'ancien directeur administratif de la Mnef Patrick Armand: «DSK jouait le rôle de conciliateur afin de rapprocher le point de vue des deux parties. Je savais qu'il intervenait à la demande de la Mnef; mais, en même temps, dans la discussion, il était dans un rôle neutre de façon qu'un accord soit trouvé.» Devant de tels témoignages, les deux juges demeurent sceptiques, tout en continuant à se poser les mêmes questions. Strauss-Kahn a-t-il agi comme avocat ou comme intermédiaire? Sa prestation valait-elle réellement 603 000 francs? Les deux magistrats emploient alors les grands moyens, passant au peigne fin les déclarations fiscales de DSK, ainsi que les statuts de sa société de conseil DSK Consultants - où ils découvrent que parmi les actionnaires figure, pour une action, Jacqueline Franjou. Ils saisissent également toutes les factures d'honoraires adressées en 1995 et 1996 par DSK à ses clients: Sofres, Cogema, EDF et Alcatel-Alstom, ces deux entreprises faisant réaliser le plus gros du chiffre d'affaires de DSK. Le 30 janvier 1995, Strauss-Kahn adresse ainsi à EDF une facture de 74 125 francs; le 8 juin, une autre de 74 125 francs; le 6 septembre, une troisième de 74 958 francs. DSK en envoie une quatrième, le 4 mars 1996, de 129 645 francs. Quant à Alcatel-Alstom, DSK lui facture des montants nettement plus élevés: le 25 novembre 1994, 197 667 francs; le 30 janvier 1995, 296 500; le 8 juin 1995, 296 500; le 8 septembre 1995, 299 883, et, le 17 novembre 1995, 301 500 francs. Il s'agit d'honoraires réglés chaque trimestre pour l'activité de consultant exercée par Dominique Strauss-Kahn. La saisie de ces notes d'honoraires n'est pas innocente. Leurs dates se situent au moment où se déroulent les négociations entre la Mnef et la CGE. Les deux magistrats pensent qu'à l'occasion de ces pourparlers Strauss-Kahn - comme il l'a fait pour EDF, Alcatel-Alstom, la Sofres ou la Cogema - s'est comporté plus en consultant qu'en avocat. Ils le pensent d'autant plus que certaines factures, notamment celles de la Cogema, émanent bien de DSK Consultants.


Jusqu'à ce coup de théâtre du 14 octobre 1999. Ce jour-là, Philippe Plantagenest, ex-directeur de cabinet d'Olivier Spithakis, et ancien dirigeant de RPD, se laisse aller, devant les juges Riberolles et Neher, à des confidences explosives. Il admet avoir antidaté la lettre de mission mandatant Dominique Strauss-Kahn pour conseiller la Mnef dans ses négociations avec la CGE. Daté du 13 décembre 1994, ce courrier, révèle Plantagenest, a été rédigé en réalité bien plus tard, à la demande de Spithakis, sans doute en décembre 1995 ou janvier 1996. Quant à la réponse de Strauss-Kahn du 19 décembre, acceptant la mission, «elle est par conséquent également antidatée», confesse encore Plantagenest.


Autant d'aveux qui ne surprennent guère les deux magistrats. Depuis quelques jours, grâce aux expertises du laboratoire de la police scientifique de la Préfecture de police, saisi le 28 juillet 1999, ils savent que ces lettres sont des faux.

Quinze jours après la confession de Plantagenest, le parquet de Paris délivre un réquisitoire supplétif pour «faux et usage», visant nommément Olivier Spithakis, Dominique Strauss-Kahn et tous les autres. A Hanoi, où il se trouve en voyage officiel, le ministre de l'Economie dément vigoureusement les «allégations d'un cadre de la Mnef [Plantagenest]». A son retour, le dimanche 31 octobre, il rencontre l'un de ses avocats, Lev Forster. Lequel martèle que la prestation de DSK a bien été réelle et que l'avis demandé au bâtonnier Bernard Vatier - rendu en janvier 1999 - atteste que DSK, dans le cadre des négociations Mnef-CGE, a participé à une quinzaine de rendez-vous. Et qu'il a été rémunéré sur la base de 2 500 francs l'heure, ce qui n'a rien d'excessif. Enfin, sur les éventuels faux, Lev Forster explique que ce ne sont là que des erreurs purement matérielles.


Quatre jours plus tard, alors que rien ne l'y oblige, Dominique Strauss-Kahn, non sans courage, démissionne de ses fonctions de ministre de l'Economie, pour préparer sa défense. Sa mise en examen semble inéluctable. Elle a effectivement lieu le 14 décembre. Ce jour-là, Dominique Strauss-Kahn affronte, huit heures durant, un flot ininterrompu de questions des deux magistrats.


Une facture jugée trop élevée

Extraits de l'audition. Les trois factures de la Mnef? DSK ne conteste pas les avoir adressées à la mutuelle. Mais c'est à la suite d'une erreur purement technique, en les rédigeant sur son ordinateur, que la première, de novembre 1995, n'a pas été formellement annulée. Quant à la deuxième, également d'un montant de 1 million, Spithakis l'a jugée trop élevé. Du coup, DSK en a envoyé une troisième, de 603 000 francs, en décembre 1996. C'est la seule qui a été réglée, en février 1997.


Les juges enchaînent: «A-t-il été question de vous désigner comme arbitre en cas de litige entre RPD et la CGE?» Réponse de DSK: «Il semble bien que la Mnef et la CGE aient eu l'idée de me désigner comme arbitre. J'ai refusé, car j'avais été le conseil d'une des parties.» Doutant toujours du rôle d'avocat joué par Strauss-Kahn, Armand Riberolles et Françoise Neher reviennent à la charge: «Le courrier du 13 décembre 1994 signé de Philippe Plantagenest vous est adressé sous l'intitulé DSK Consultants. Aviez-vous informé Olivier Spithakis ou Philippe Plantagenest de votre changement de statut?» Réponse: «Je ne sais plus. Il est possible que non.» Interrogé enfin sur les faux, DSK plaide l'erreur matérielle, tout en martelant qu'ils ne remettent nullement en cause la réalité de sa prestation pour le compte de la Mnef.


Aujourd'hui, Me Jean Veil, l'un des avocats de Strauss-Kahn - qui n'a pas souhaité répondre aux questions de L'Express - s'apprête à demander aux juges un non-lieu pour son client. L'incrimination de faux, qui remonte à plus de trois ans, est prescrite, soutiennent les avocats de DSK. Judicieux. A condition que la lettre de Plantagenest à Strauss-Kahn ait bien été rédigée en décembre 1995... Or, par définition, la date exacte d'un faux est difficile à connaître. Sur l'usage de ce faux, deuxième chef de mise en examen de Strauss-Kahn, là, le bénéfice de la prescription paraît aléatoire. En effet, les documents remis aux juges fin octobre 1999 par DSK pour prouver sa bonne foi contiennent précisément les lettres antidatées.


Une vingtaine d'emplois litigieux

Reste la question clef: quelle a été l'intention de l'ex-ministre de l'Economie dans la confection et l'usage des faux? A-t-il voulu camoufler, par un habillage, une prestation fictive? Dans cette hypothèse, les deux juges le renverront devant un tribunal. Dans le cas contraire, s'ils estiment que Strauss-Kahn n'a eu aucune intention délictueuse, ne faisant preuve que de légèreté, ils lui délivreront un non-lieu.


En attendant les réquisitions du parquet, Armand Riberolles et Françoise Neher poursuivent leurs investigations sur un autre volet du dossier Mnef: celui des emplois présumés fictifs tant à la mutuelle étudiante que dans ses mutuelles satellites, la Mutuelle interprofessionnelle de France (MIF), installée à Marseille, ou la Mutuelle inter-jeunes (MIJ) domiciliée en Corse, à Corte. En tout, une vingtaine d'emplois litigieux ont été répertoriés. Pour l'heure, quelques personnes ont été épinglées. Parmi celles-ci: Christophe Borgel, ancien président de l'Unef-ID, conseiller technique au cabinet de Claude Allègre, qui aurait été complaisamment rémunéré par la MIF, et Philippe Campinchi, ancien leader de l'Unef-ID. Ce dernier aurait perçu, entre juin 1989 et octobre 1995, 300 000 francs, sans effectuer un travail réel à la Mnef. Les juges s'intéressent aussi à Jean-Christophe Cambadélis, ex-n° 2 du Parti socialiste. Entre 1989 et 1993, tantôt comme salarié de la MIF, tantôt comme administrateur, il aurait eu droit à des rémunérations substantielles. L'Express a tenté de joindre Jean-Christophe Cambadélis pour recueillir son point de vue. En vain.


Un autre nom semble être dans le collimateur des juges: Fabienne Hugo, l'ex-épouse d'Olivier Spithakis. Ancienne vice-présidente de la Mnef, elle aurait touché 125 000 francs comme administrateur de la MIF de 1995 à 1997. Lorsque Spithakis a appris qu'elle risquait une mise en examen, il a explosé, voyant dans cette éventuelle mesure une pression inadmissible à son égard. Il est vrai qu'entre «Spit», comme le surnomment ses amis, et les deux magistrats, c'est la guerre ouverte depuis des mois. A plusieurs reprises, l'ancien directeur général de la Mnef a demandé des confrontations avec Bruno Pelletier, ancien directeur de l'imprimerie de la mutuelle, Efic, et Wilson Bihi Zenou, gérant de fait du Derya, le deux-mâts sur lequel aimaient à se prélasser, en Méditerranée, les proches de Spithakis. Les juges ont refusé. Et le 28 février ils ont décidé de le maintenir en détention. Une mesure injustifiée, ont protesté ses avocats, puisque les magistrats connaissent désormais à peu près tout de la gestion de la Mnef sous l'ère Spithakis (1983-1998).


Le 20 mars, pourtant, Spithakis, détenu à la Santé depuis près de cinq mois, a appris une bonne nouvelle: la chambre d'accusation de Paris a accepté sa mise en liberté. Seulement voilà: elle lui a imposé, pour sortir, une caution de 6 millions de francs. Dont 3 payables immédiatement. Spithakis ne peut pas payer. Il devra donc patienter, sans doute de longues semaines, avant de quitter la prison de la Santé. Drôle de liberté, en vérité...
Déhèsseka le 01-01-2011 à 21:49:48
Le business caché de Me DSK


L'argent des hommes politiques


Un article de l'Expansion datant de mars 2000



http://www.lexpansion.com/economie/le-business-cache-de-me-dsk_14330.html

Lionel Steinmann, Véronique Le Billon et Vincent Giret - publié le 16/03/2000 à 10:15


Son unité de compte, c'est Bill Gates ou Serge Tchuruk, pas le président du conseil général du Val-d'Oise ! » lance un proche de DSK. Mais ne cherchez pas la moindre trace des activités privées de Dominique Strauss-Kahn dans sa longue notice du Who's Who. Pas une ligne sur sa propre société de conseil ou sur sa carrière d'avocat d'affaires, pas un mot sur les quatre années pendant lesquelles il fut sous contrat avec plusieurs des plus grandes entreprises françaises. Cette histoire-là est exemplaire : elle illustre, jusqu'aux dérapages, les relations qu'entretiennent les hommes politiques avec le monde des affaires.


De mars 1993 à mai 1997, l'ancien ministre de l'Industrie et du Commerce extérieur dans les gouvernements d'Edith Cresson et de Pierre Bérégovoy mène trois existences parallèles, totalement cloisonnées. La première, publique, se déroule dans les sphères de la vie politique : battu comme plus de 200 députés socialistes, il quitte les allées du pouvoir, redécouvre les servitudes d'un conseiller municipal d'opposition de la ville de Sarcelles et milite avec un enthousiasme inégal au Parti socialiste. Sa deuxième vie, officielle et bénévole, se tient derrière les portes fermées du puissant lobby français du Cercle de l'industrie, qu'il a créé avec une trentaine de grands patrons, grâce à un réseau exceptionnel cultivé de son bureau de ministre. Elle se nourrit de dîners confidentiels autour d'invités influents, de missions discrètes à Bruxelles et de petits services.


La troisième vie de DSK est secrète et rémunérée : comme consultant puis comme avocat d'affaires, il traite de multiples dossiers confidentiels, directement dans le bureau des présidents d'entreprises françaises. Ces contrats lui rapportent jusqu'à 2 millions de francs par an. Il est salarié de fait de quatre grandes entreprises, Alcatel, EDF, la Cogema et la Sofres. Même ses amis du Cercle ignorent ses activités.


Au printemps 1993, Dominique Strauss-Kahn quitte donc ses attributs de ministre de la République et s'habille en ministre privé. Il est l'unique ordonnateur de ces trois vies parallèles. Son assistante gère un agenda secret au crayon à papier et à la gomme. DSK se lance dans un périlleux numéro d'acrobate, sans douter de ses capacités ni s'interroger sur ce mélange des genres qu'il est sans doute le premier dans ce pays à pousser si loin. Cette audace le conduira à commettre des faux pas qui décideront les juges à le mettre en examen, d'abord pour « faux et usage de faux » dans l'affaire de la Mutuelle nationale des étudiants de France (Mnef), puis pour « complicité et recel d'abus de biens sociaux » dans l'affaire Elf.


Bruxelles utilise le consultant DSK


pour des missions diplomatiques


Cette vie secrète commence le 1er septembre 1993. Ce jour-là, la famille Strauss-Kahn se réunit pour signer les statuts de sa société de conseil, DSK Consultants. Une appellation plurielle pour une réalité au singulier : Dominique Strauss-Kahn sera le seul et l'unique consultant du cabinet. Autour de lui, gages de discrétion absolue, son épouse Anne Sinclair, sa mère, sa fille, son frère et sa soeur. Cibles privilégiées du consultant, les entreprises des secteurs de l'énergie, du nucléaire et des télécommunications. La ligne éthique que se fixe DSK tient en peu de mots : pas de relations d'affaires avec des entreprises étrangères ni d'intervention dans des affaires franco-françaises.


Les contacts qu'il noue à Bruxelles pour le compte du Cercle de l'industrie lui permettent d'engranger ses premiers contrats. Fin 1993, il est approché pour le compte d'Eurométaux, l'association européenne des métaux. Celle-ci lui commande une étude destinée à évaluer les possibilités de fermetures de sites de production. Peu après, Métaleurop, une entreprise franco-allemande, lui demande d'aller défendre ses intérêts devant la Direction générale de la concurrence à Bruxelles.


L'Union européenne utilise d'ailleurs volontiers le consultant Strauss-Kahn pour des missions diplomatiques. Le commissaire britannique Leon Brittan, invité aux dîners du Cercle, lui propose une mission en Corée du Sud pour dédramatiser les relations difficiles que ce pays entretient avec l'Union.


Alcatel, EDF... Strauss-Kahn très


actif auprès des grands patrons


Très vite, les grands patrons français manifestent leur intérêt pour le consultant DSK. Pierre Suard, d'abord, président d'Alcatel-Als-thom, géant mondial des télécoms. Si ce patron n'a pas daigné s'investir dans le Cercle de l'industrie, il a repéré l'entregent de l'ancien ministre et sa précieuse connaissance des arcanes européens. Alcatel veut engager un combat contre une loi européenne ­ une « directive » ­ visant à libérer les marchés publics des télécommunications. Pierre Suard décide d'utiliser le consultant privé Strauss-Kahn comme il avait autrefois fait appel au ministre. Les deux hommes signent un contrat qui va durer jusqu'à la fin de l'année 1996, soit dix-huit mois après le remplacement du président par Serge Tchuruk, un ami personnel de DSK. Au cours de ce long travail de lobbying, DSK obtiendra quelques concessions techniques, de caractère protectionniste. Au total, Alcatel lui aurait versé 2 millions de francs sur près de trois ans.





Simultanément, Dominique Strauss-Kahn signe un contrat avec EDF. C'est lui qui prend l'initiative discrète de proposer ses services. Il démarche en terrain connu : le directeur international d'EDF, Jean-Michel Fauve, apprécie DSK depuis que ce dernier l'a régulièrement convié à ses voyages officiels entre 1991 et 1993. Le dirigeant d'EDF saisit immédiatement l'intérêt qu'il peut trouver à utiliser ce consultant très spécial : l'ancien ministre est l'un des rares à l'époque à penser que les entreprises publiques françaises doivent conquérir des positions à l'étranger, contre la position de la Direction du Trésor à Bercy. Les deux hommes font rapidement affaire. Tarif : 30 000 francs par mois. « DSK vient passer deux ou trois heures avec moi tous les quinze jours pour des discussions de stratégie d'entreprise et pour préparer des missions à l'étranger », précise le directeur d'EDF.


Jean-Michel Fauve le met immédiatement sur le dossier allemand. EDF a alors le projet de développer un réacteur du futur, l'EPR, en coopération avec l'allemand Siemens et le français Framatome. Strauss-Kahn a toujours été pronucléaire et, comme ministre, il avait discrètement contré la pression exercée par les écologistes. Il avait aussi fermement engagé cette coopération franco-allemande sur ce dossier sensible. EDF a apprécié le travail du ministre, l'entreprise l'utilise cette fois dans la coulisse, comme Alcatel avec ses soucis bruxellois.


EDF veut à tout prix s'assurer que la réalisation de son projet nucléaire ne sera pas entravée par les députés du SPD, le Parti social-démocrate, frère allemand du PS français, mais parfois plus enclin à rejoindre la politique des Verts d'outre-Rhin, évidemment très antinucléaire. Le SPD est alors dans l'opposition, mais son activisme sur ce sujet peut condamner le projet. « En Allemagne, nous avions besoin d'engager des discussions de fond, loin des meetings, d'organiser des réunions confidentielles », explique Jean-Michel Fauve. Un contact est identifié outre-Rhin, le député européen SPD Rolf Linkohr. Ce physicien ne fait pas du nucléaire un tabou.


Dominique Strauss-Kahn joue alors de son double carnet d'adresses pour organiser une série de rencontres discrètes à Düsseldorf et à Strasbourg, mêlant à la fois des députés (ou ex-députés) socialistes français et des élus sociaux-démocrates allemands. Très intéressée par cette prestation, la Cogema ­ qui produit les combustibles nucléaires ­ accepte de cofinancer l'opération avec EDF. Son président, Jean Syrota, appelle dix fois Jean-Michel Fauve pour aligner au franc près les tarifs de la Cogema sur ceux concédés par EDF à Dominique Strauss-Kahn... Au total, la Cogema lui versera 600 000 francs.


« Strauss-Kahn, il connaît tous les ministres de la terre »


Du côté socialiste français, DSK joue avec une extrême prudence et beaucoup d'ambiguïtés, il implique dans l'opération tous les spécialistes socialistes de l'énergie et quelques figures très proeuropéennes, sans toujours leur préciser qu'il travaille pour le compte d'EDF ou de la Cogema. Pour ses amis politiques, DSK agit ici dans le cadre de ses fonctions de délégué national du Parti socialiste. Il attire son ami Pierre Moscovici, les députés Gérard Fuchs et Jean-Yves Le Déaut, le chercheur en électrochimie Philippe Bassinet et l'ancien ministre délégué à l'Energie auprès de DSK, André Billardon. Tous acquis à la cause nucléaire. D'autres responsables socialistes proeuropéens se joignent à la discussion. A la réunion d'avril 1996, par exemple, Elisabeth Guigou et Henri Nallet, prévus initialement, se sont fait excuser.


DSK se rend aussi à Bonn, où il se présente à l'ambassade de France, qui lui a préparé quelques rendez-vous, non comme un consultant d'EDF et de la Cogema, mais comme un officiel du Parti socialiste. Il rencontre pour la première fois Gerhard Schröder, futur chancelier. Pour ces missions spéciales, le secrétariat de DSK envoie à la comptabilité d'EDF trois factures de plus de 100 000 francs chacune, qui s'ajoutent ainsi à ses propres honoraires mensualisés.


EDF utilise également DSK sur des contrats difficiles à l'étranger. « Il connaît tous les ministres de la terre », s'émerveille Jean-Michel Fauve. Au Maroc, mais aussi en Grèce, en Argentine, en Finlande, en Afrique du Sud... Jusqu'en 1997, EDF lui verse au total environ 1,5 million de francs.


Le consultant DSK a trouvé un filon dans le domaine du nucléaire, et plus largement dans celui de l'énergie. Avec la Sofres, il aborde d'une autre manière ce secteur sensible. Le département de consulting de cette grande société d'études est sous contrat avec EDF, Gaz de France, les Charbonnages et l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs. Le patron de la Sofres, Pierre Weill, s'attache les services de DSK et lui confie une réflexion stratégique sur la voiture électrique, puis une étude sur la reconversion des mines de charbon en Ukraine. « Quand on va chez un client, ça nous valorise d'arriver avec un consultant comme DSK », reconnaît Pierre Weill. Chaque mois pendant trois ans, il perçoit des honoraires fixes de la Sofres pour un montant global de 500 000 francs.








Devant le succès de ses activités, DSK souhaite changer de statut, d'abord pour des raisons fiscales. Le 31 octobre 1994, il dissout sa société de conseil. Avocat grâce à l'équivalence que lui confère son agrégation de sciences économiques, il se réinscrit au barreau de Paris le 8 novembre 1994.








A côté de ses principaux contrats, Dominique Strauss-Kahn assure des prestations plus ponctuelles et, en premier lieu, pour l'un des piliers du Cercle de l'industrie, le cimentier Bertrand Collomb. L'avocat d'affaires intervient sur un dossier grec et use de son carnet d'adresses pour surmonter des obstacles administratifs et politiques apparus à Athènes. Pendant plus de six mois, Strauss-Kahn se pose en médiateur auprès des autorités helléniques.


Sa ligne de conduite a pris aussi parfois quelques tangentes. Il s'était fixé le principe de ne travailler que pour des entreprises françaises et sur leurs problèmes à l'international. Avec la Mnef, il intervient cette fois dans une affaire franco-française où se mêlent intérêts financiers et amitiés politiques, stratégie d'entreprise privée et sécurité sociale. C'est cette intervention plus connue qui provoquera sa chute.


A Bercy, il est ministre de tutelle de ses anciens clients


Le parcours de l'avocat d'affaires Strauss-Kahn soulève aussi des questions plus morales. Son retour à Bercy, le 4 juin 1997, le place en situation de risque, sinon de potentiels conflits d'intérêts : DSK retrouve la tutelle de deux entreprises pour lesquelles il travaillait jusqu'alors, EDF et la Cogema. Par ailleurs, l'attribution à un autre de ses clients, Alcatel, d'une part de Thomson-CSF illustre aussi les difficultés concrètes du ministre pour s'en tenir à une stricte ligne de conduite. Interrogé à l'automne 1999 sur les possibles conflits d'intérêts entre son statut d'ancien conseiller d'Alcatel et la gestion de ce dossier en tant que ministre, DSK prend les devants : « Sachant que j'ai travaillé pour Alcatel, je veux justement éviter les critiques. Ce dossier va donc être entièrement traité par Alain Richard, au ministère de la Défense. » Ce n'est pourtant pas le souvenir qu'en garde son directeur de cabinet, François Villeroy de Galhau : « Bercy et la Défense ont piloté ce dossier ensemble », précise-t-il. Ces souvenirs divergents ne prouvent pas que l'ex-ministre de l'Economie ait favorisé l'un ou l'autre, mais ils confirment combien les nécessités de la pratique s'accordent difficilement avec les exigences de la morale.


1,5


million


de francs


C'est ce qu'EDF aura payé au consultant et à l'avocat d'affaires entre 1993 et 1997.


Les charges


DSK est aujourd'hui sous le coup d'une double mise en examen : pour « faux et usage de faux » dans l'affaire de la Mnef et pour « complicité par instruction donnée et recel d'abus de biens sociaux » dans le cadre de l'affaire Elf, pour le financement du Cercle de l'industrie.


"Les Vies cachées de DSK", Véronique Le Billon, Vincent Giret, Seuil, 249 pages, 120 francs.


1991-1999, l'ascension et la chute

Mai 1991- avril 1992


Ministre délégué à l'Industrie et au Commerce extérieur dans le gouvernement d'Edith Cresson.


Avril 1992- mars 1993


Ministre de l'Industrie et du Commerce extérieur dans le gouvernement de Pierre Bérégovoy.


Mars 1993


Échec aux législatives (8e circonscription du Val-d'Oise)


Septembre 1993


Constitution de la société DSK Consultants.


Oct.- nov.1994


Dissolution de DSK Consultants et réinscription comme avocat au barreau de Paris.


Juin 1995


Élu maire de Sarcelles (Val-d'Oise)


Juin 1997


Élu député du Val-d'Oise. Nommé ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie dans le gouvernement de Lionel Jospin.


2 novembre 1999


Mis en cause dans le dossier de la Mnef, DSK démissionne du gouvernement. Il sera mis en examen le 14 décembre pour


« faux et usage de faux ».


Le réseau de l'avocat d'affaires dsk

De 1993 à 1997, Dominique Strauss-Kahn a bâti un lobby industriel et travaillé dans l'ombre pour quelques-unes des plus grandes entreprises françaises. Chiffre d'affaires : jusqu'à 2 millions de francs par an.


LES AMIS D'AFFAIRES


Jean-Marie Le Guen


Cet ami politique l'a introduit à la Mnef pour négocier avec la Générale des eaux.


Denis Kessler


Le vice-président du Medef est le plus vieil ami de DSK. Kessler est le seul à lui parler sans fard.


Alex-Serge Vieux


Organisateur de salons high-tech, il a présenté tous les entrepreneurs de la Silicon Valley à DSK.


Jean Frydman


Cet investisseur franco-israélien est un ami d'Anne Sinclair. DSK l'a présenté à Serge Tchuruk.


LES LOBBYISTES DU CERCLE DE L'INDUSTRIE


Raymond Lévy


Jeune retraité de Renault, il constituait avec DSK le véritable tandem dirigeant du Cercle.


Maurice Lévy Le président de Publicis est à la fois le trésorier et le parrain du Cercle de l'industrie.


Lindsay Owen-Jones


Le patron de L'Oréal fait partie des fidèles du Cercle. Il en est l'un des pionniers.


Jean Gandois


Président de Pechiney puis du CNPF, il était membre du conseil d'administration du Cercle sous l'ère DSK.


LES GROS CLIENTS


Pierre Suard


Le président d'Alcatel est le premier gros client de DSK. Il le fait travailler sur une directive européenne sur les télécoms.


Serge Tchuruk


En 1995, cet ami de DSK prend la tête d'Alcatel et prolonge son contrat. Au total, Alcatel lui aurait versé 2 millions de francs.


Pierre Weill


Le patron de la Sofres a fait travailler son ami pour 500 000 francs. Il lui a proposé le poste de DG après sa démission.


Jean Syrota


Le président de la Cogema s'est acheté les services de DSK pour 600 000 francs.


Jean-Michel Fauve


Directeur à l'international d'EDF, il a utilisé DSK pour des missions politiques à l'étranger. Coût : 30 000 francs par mois.


Bertrand Collomb


Le cimentier de Lafarge l'a fait travailler sur un problème réglementaire en Grèce, nécessitant le carnet d'adresses de l'ancien ministre.


pour en savoir plus

L'Invention de la bureaucratie, servir en France, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, Françoise Dreyfus, La Découverte. Une comparaison des règles et des pratiques du passage entre fonction publique et politique.


- La Désertion des énarques. Du pantouflage en politique, Michel Schiffres, Stock. Notamment consacré aux énarques entrés en politique.


- Rapport du Sénat, janvier 2000, n¡ 166 : Sécurité juridique, conditions. Constat et propositions pour favoriser la venue des salariés du privé en politique.


- www.parliament.the stationnery-office.co.uk : pour consulter les intérêts privés des parlementaires britanniques.



Déhèsseka le 01-01-2011 à 21:42:01
Pour que cette démarche atteigne son objet, il faudrait que la biographie succincte de DSK, destinée à circuler largement, soit étoffée en ajoutant plusieurs faits absolument incompatibles avec la dignité qu'on attend d'un candidat à la présidentielle : ses poursuites judiciaires, l'affaire de la cassette vidéo, son rôle d'avocat d'affaire au service de la MNEF et même d'intérêts économiques chinois pratiquant le dumping social et des conditions proches de l'esclavagisme. (En revanche, merci de continuer à écarter comme vous le faites toute allusion pouvant nourrir une accusation d'antisémitisme.)

Bravo pour l'initiative.